extrait pour soignant et soigné

Publié le 14 mai 2026 à 01:31

" Quand notre santé est compromise ou que la continuité de notre existence physique est remise en question, je ne prétends pas que les conseils et les compétences âprement acquises des experts médicaux doivent être balayés d’un revers de la main, mais que l’écart de pouvoir entre patient et praticien doit être réévalué si nous voulons réaffirmer le caractère indissociable des soins de santé et de la réalisation du potentiel humain. Comme le suggère le mythe du guérisseur blessé, chaque histoire a deux facettes. Patient et praticien sont liés l’un à l’autre et constituent les deux pôles d’une relation archétypale. En surface, on pourrait croire qu’ils représentent, d’un côté, celui qui donne, qui aide et, de l’autre, celui qui reçoit, qui est aidé. Mais il n’en n’est rien. Cette conception est bien trop simpliste, trop commode et trop réductrice pour l’âme. Nous sommes chacun le reflet de l’autre. Chaque praticien abrite un blessé ; chaque patient, chaque humain malade et souffrant, un puissant guérisseur intérieur. Ce sont les dons dont nous héritons tous en venant au monde.

         Notre capacité à nous réapproprier notre réservoir de force intérieure face à la maladie, à la douleur ou à de graves difficultés est proportionnelle à notre aptitude à toucher notre intégrité indivisée, peu importe la gravité de notre problème médical, que nous vivions ou que nous mourrions. Le travail le plus fondamental du praticien et du patient consiste peut-être à reconnaître la singularité de leur relation. Ma propre expérience me le confirme. Cela ne signifie pas que les rôles sont les mêmes, mais que les sentiments de puissance et de limitation, d’irritabilité et d’enthousiasme, de peur et de maitrise de soi, de désespoir et de compassion, de tristesse et de joie, et tous les autres jalons du parcours de guérison, circulent dans les deux sens ."

Pr Saki Santorelli. Médecin et Instructeur.

Rermarques: Ce texte extraordinaire souligne les liens  si particuliers qui unissent  le soigné et son soignant, au delà de celui qui sait et celui qui demande. Cela pourrait se traduire, entre autre et  très brièvement, autour de deux problèmes importants :

- le malade est souvent son meilleur médecin; ne signifiant pas qu'il sait tout bien sur, mais qu'il a un part importante à jouer dans la qualité de sa prise en charge en influant sur la qualité de, son observance, par exemple mais également en améliorant son hygiène de vie qui peut grandement améliorer sa qualité de vie et de prise en charge.

- le soignant est tout aussi vulnérable que le soigné mais a du mal à le reconnaitre souvent coincé dans sa posture du sachant qui pense rarement à lui avec une qualité de vie souvent très dégradée. Cette vulnérabilté est rarement abordée mais de nombreuses études montrent combien elle est présente et paradoxalemnt mal prise en charge.

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